qui devrait être fait pour réduire les risques. La conséquence est que les ménages présentent de faibles niveaux de
préparation. C'est l'une des raisons fondamentales qui réduisent les chances de réussite des systèmes d’alerte précoce.
De plus, le niveau de confiance de la population à l’égard des autorités locales et des entités responsables de la
surveillance des aléas et de la gestion des secours au niveau local, est faible. On comprend que ces risques ont
développé au sein des ménages une résistance relative et toute action d'intervention de résilience doit utiliser selon les
situations la capacité de résistance et la faculté d’adaptation de la population. Mais ces actions doivent aussi tenir compte
de la structure des capabilités des ménages car plus la structure des capabilités sera forte et diversifiée, moins l’individu
sera vulnérable [3].
2. La structure des capabilités des ménages
La structure des capabilités des ménages sera analysée à travers les cinq capitaux (humain, Naturel, financier, physique
et social) des moyens d'existence. En effet, ces capitaux ou actifs pourront être convertis en capabilités en fonction des
caractéristiques personnelles des individus, des opportunités sociales et de l’accessibilité aux biens ou services.
2.1. Capital Humain : L’éducation et la santé constituent les deux piliers du capital humain. Elles représentent un
catalyseur pour l’augmentation de la productivité et contribuent pour une grande part à la sécurité alimentaire. D’une
manière générale, les indicateurs d’appréciation de la performance du système éducatif ont affiché, au cours de la
période 2014-2015, une allure peu reluisante au niveau de la commune. En effet, le taux brut de scolarisation des
enfants de la commune de Karimama est encore faible (Cible 2012 SCRP 114%). 77è sur les 77 communes que compte
le pays, la commune de Karimama a un taux net de scolarisation de 46,02 % contre 87,55 % à l’échelle nationale [17].
Pour ce qui concerne les taux de redoublement, d’achèvement et d’abandon, les statistiques montrent que la commune
présente des taux très négatifs et est la dernière commune du Département de l’Alibori et du Bénin. Le taux
d’achèvement dans l’enseignement secondaire est faible dans l’ensemble et est plus marqué chez les filles que chez les
garçons. En effet, moins de 40% des élèves inscrits dans l’enseignement primaire sont des filles. Cette proportion s’est
établie à 35,5% en 2013 contre 39,8%, un an plus tôt, soit un retrait de 4,3 points de pourcentage. Cela est favorisé par
la persistance de pratiques culturelles telles que le mariage précoce, mais également par le manque de suivi des parents
du fait de la précarité de leur situation sociale. Pendant ce temps, en moyenne 3 écoles primaires (privée et publique),
sont créées par année scolaire. Mais cela n’a pas encore pour autant amélioré le ratio élève-maître qui s’est
considérablement dégradé en 2013 avec environ près de 88 élèves pour un maître d’école. S’agissant de l’enseignement
secondaire, on note en 2013, l’ouverture d’un second Collège d’Enseignement Général (CEG) dans la commune de
Karimama. Il s’agit notamment du CEG de Kompa dont la création vient améliorer la disponibilité en infrastructures
éducatives. L'analyse de la situation scolaire dans la commune amène à conclure que l’influence des localités
environnantes du Niger ainsi que sa position géographique constituent des contraintes à l’amélioration des indicateurs
scolaires. Il apparaît que le vrai problème dans cette commune n’est nullement lié aux infrastructures scolaires et à leur
accès, mais plutôt à un problème de mentalité car plusieurs écoles construites ne sont jamais fréquentées. Un problème
de mentalité car la commune de Karimama est à plus de 92 % islamique. Elle est fortement influencée par l’Islam et ses
principes. Les populations perçoivent l’école formelle ou moderne comme un frein à la promotion de l’école coranique.
Dans cette perspective, l’enfant qui va à l’école formelle, développe des attitudes contraires aux prescriptions du Coran.
Ceci justifie donc la multiplicité des écoles coraniques dans lesquelles les enfants sont plus orientés au détriment de
l’école formelle. Les principales conséquences d’une telle perception sont la déscolarisation, le mariage précoce des filles.
Il devient alors nécessaire de sensibiliser les maîtres coraniques et les parents sur les droits de l’enfant et l’importance de
l’école. En ce qui concerne l'alphabétisation, le taux de réussite au programme d’alphabétisation formelle au profit des
populations a évolué en dent de scie au cours des années 2013 à 2015. Ce taux est respectivement de 73,3% en 2013,
79% en 2014 et 69,1% en 2015. Quant aux femmes, leur taux de réussite au programme est passé de 61,5% en 2011 à
82,1% en 2012 puis à 69,2% en 2013, soit un retrait de 12,9 points de pourcentage par rapport à 2012. Le secteur de la
santé quant à lui est confronté essentiellement à l’insuffisance de personnel de qualité et d’infrastructures, aux difficultés
d’accès du fait de la distance, du coût des soins de santé, du mauvais accueil mais aussi du poids des croyances socio-
culturelles et de l’automédication. La situation sanitaire dans la commune de Karimama reste préoccupante et est
marquée par la prédominance de nombreuses maladies transmissibles endémiques et endémo épidémiques (paludisme,
méningite, VIH/SIDA, tuberculose, choléra, etc.) et l’émergence des maladies non transmissibles (malnutrition,
hypertension artérielle, diabète, drépanocytose, etc.). Les principales endémies dominantes et courantes dans la
commune de Karimama : le paludisme (42 %), les infections respiratoires aiguës (16 %), les maladies diarrhéiques (11
%) et les traumatismes (10 %). Les maladies à potentiel épidémique telles que la méningite, le choléra et la rougeole
sont saisonnières et favorisées par les pratiques socioculturelles, le faible niveau socio-économique des ménages. En
effet, se présenter au centre de santé est le dernier recours à faire pour les populations. La raison repose sur le fait que
les gens sont toujours habitués à fréquenter les guérisseurs traditionnels qui restent une référence. L’utilisation des
plantes médicinales reste recommandée et souvent efficace s’il ne s’agit que d’une simple maladie qui ne demande pas
d’intervention chirurgicale ou des soins intensifs. C’est aussi le cas des mères de familles qui préfèrent accoucher à la
maison. L’accouchement à domicile est une pratique très répandue. A Karimama, la présence des dépôts de médicaments
dans les petites boutiques locales reste toujours prisée parce qu’elle ne nécessite pas une consultation auprès d’un