l’encadrement des professeurs stagiaires de mathématiques lors des stages pratiques en tant que conseiller pédagogique,
dans le cadre de la formation des enseignants au centre régional des métiers de l’éducation et de la formation de Settat,
où j’exerce moi-même la fonction de formateur.
Nous avons mené plusieurs rencontres formelles et informelles, que ce soit dans le cadre de l’accompagnement des
professeurs stagiaires au lycée de stage à la fin des séances en classe, que dans des rencontres spécifiques pour
chercher à expliciter des décisions prises dans l'action à propos de l’expérimentation. Connaissant les conditions de travail
dans le lycée, la non-disponibilité des enseignants après le cours, ces rencontres nous ont tout d'abord semblé difficiles à
effectuer. Cependant, une des caractéristiques de cet enseignant, c’est que nous avions eu l’occasion de se rencontrer
hors de la classe. Chose qui nous a aidé à préparer l'expérimentation ensemble. Nous avons cherché en effet, moi (le
chercheur) et l’enseignant (l’expérimentateur) à documenter la co-construction des problèmes pour mesurer le niveau de
développement de stratégie métacognitive chez les élèves en lien avec les problèmes proposés.
Convaincre l’enseignant chargé de la mise en œuvre de l’expérimentation sur le choix des problèmes à proposer aux
élèves et qui doivent être issus de la vie quotidienne ou qui ont des liens avec les autres matières, nous a conduit à
prendre les considérations suivantes : tout d’abord, l’enseignent n’a jamais exploité avec ses élèves les problèmes
complexes et que les élèves eux-mêmes n’ont pas eu l’occasion d’apprendre à gérer le complexe auparavant. Ensuite, il
n’était pas possible de proposer à ces élèves des situations demandant des démarches inductives dans la résolution,
puisqu’il s’agit de leur première année d’enseignement scientifique donné en langue française, où la compréhension du
contexte et la consigne du problème leur posent un grand défi.
Donc, notre choix de la tâche a été voué de telle sorte que le problème ne doit pas être routinier et doit être complexe et
que la ou les tâche(s) à résoudre doivent être d’un niveau disponible, selon la typologie de mise en fonctionnement des
connaissances d’Aline Robert. Il doit présenter une progression dans la difficulté tout en offrant un avantage à la mise en
équations et inéquations par rapport aux méthodes et manipulations algébriques choisies parmi un ensemble de
transformations possibles. Dans ce choix, nous nous sommes attachés à proposer des problèmes dans le but d’étudier
dans quelle mesure les procédures maîtrisées par les élèves dans des tâches habituelles sont mobilisées, correctement
exécutées et coordonnées lorsqu’il s’agit de problèmes non routiniers. Ce choix nous a coûtés en matière de la complexité
des problèmes proposés, mais nous a permis de réaliser des gains en matière d’adhésion des élèves dans le processus de
résolution.
Dans un premier temps, nous avons demandé aux élèves de résoudre les deux problèmes individuellement et de traiter
chaque problème dans une feuille à part.
Afin de collecter plus d’indicateurs, qui favorisent la réflexion métacognitive, nous avons demandé aux élèves de laisser
les traces écrites de tous ce qu’ils pensent ‘brouillon’ en dos de la copie. Ceci nous a aidés d’avoir un aperçu sur la façon
de faire et a permis d’inciter les élèves à réfléchir sur les stratégies utilisées, les tâches et les difficultés rencontrées. Dès
que les élèves ont commencé la résolution du premier problème en autonomie, l’enseignant responsable de la classe,
n’est pas intervenu pendant le processus de résolution, sauf qu’il a répondu à quelques questionnements des élèves, au
fil de la séance afin de leur permettre d’exprimer spontanément leurs réflexions. Il encourage les élèves à faire des liens
entre les problèmes posés, les séances de cours et d’exercices déjà vu. Pendant une période de recherche de 20 mn, les
élèves ont produit des solutions du premier problème.
Après avoir terminé cette tâche, les élèves étaient invités à remplir un questionnaire pour mesurer les niveaux de
métacognition. Juste après cette tâche, l’enseignant a fait la correction du premier problème avec ses élèves. Pour faire
travailler l’aspect motivationnel, l’enseignant a essayé de transmettre aux élèves un sentiment de confiance et
d’encouragement, notamment en soulignant les aspects positifs dans le processus de résolution des élèves, et a cherché
à développer un style attributif adéquat chez eux, en leur montrant les liens entre un comportement stratégique et les
performances en résolution de problèmes. Juste après, nous avons demandé aux élèves de résoudre en autonomie le
deuxième problème.
Enfin, nous avons sollicité trois enseignants de mathématiques extérieurs à la recherche pour évaluer la qualité des
productions des élèves à l’aide d’une grille. Chaque production a été évaluée par les trois évaluateurs qui notaient tous
les items de la grille.
Instruments de mesure
Élaboration du questionnaire afin de mesurer les niveaux de métacognition :
Pour mesurer les niveaux de métacognition manifestée par les élèves lors de la résolution de la tâche, nous avions servi
d’un questionnaire (annexe1). Cet outil a été construit à partir de la classification des composantes métacognitives
proposée par Flavell (1992) qui comprend les métaconnaissances et l’autorégulation [7]. Pour élaborer les items
correspondant à la première catégorie, nous nous sommes inspirés des travaux d’Escorcia& Fenouillet (2011) [22].