RESUME
Contexte : La pratique d’agriculture intensive ou inappropriée diminue la fertilité des sols suite à la perte de matière organique stable et à l’exportation des nutriments.
Cette situation entraine une sensibilité accrue des plantes aux maladies due aux déséquilibres microbiologiques des sols. Les récentes préoccupations sur les effets
néfastes de l’utilisation de plus en plus intense des engrais synthétiques sur l’environnement, leur inefficacité sur la fertilité des sols et leur prix élevés ont rendu urgent
la recherche d’une solution alternative pour minimiser les risques de contamination des aliments et des ressources naturelles par les résidus chimiques de synthèse et
aussi pour améliorer la fertilité des sols. En plus de leur rôle fertilisant, il est apparu nécessaire d’explorer les vertus phytosanitaires de la fumure organique de compost
des déchets ménagers et à parches de café. Objectifs : L’étude a été conduite dans la région forestière à pluviométrie bimodale du Centre Cameroun en vue
d’évaluer l’effet variétal et des types de fumure sur certaines maladies parasitaires de la culture du maïs. Méthode : L’expérimentation a été conduite dans le site de
Megana de la localité d’Akonolinga selon un dispositif factoriel «split-plot» randomisé à 4 blocs avec en parcelle principale les variétés (V1 : variété locale, V2 : variété
améliorée CMS 8501, V3 : variété améliorée CMS 8704) et en sous parcelle les traitements fertilisants (T0: témoin non fertilisé, T1: fumier naturel à parches de café,
T2: compost de déchets ménagers, T3: engrais minéral NPK=20-10-10). Chaque bloc est la combinaison de trois variétés et quatre traitements soit 12 combinaisons.
Chaque unité expérimentale a été constituée de 3 lignes comportant 7 poquets par lignes. Résultats : Les analyses statistiques ont montré que les types de fumure
ont influencé significativement l’incidence et la sévérité des maladies fongiques et bactériennes du maïs. Parmi ces maladies, le charbon d’épi a été identifié uniquement
chez le traitement à compost avec un taux d’incidence de 0, 92 ± 0,2 % et de sévérité de 10,06±2,01 % à la fin de l’expérimentation (16 semaine après semis (16
SAS)). A 16 SAS, la Fusariose d’épi, elle a été plus fréquente chez les traitements : témoin (22,31±73%), à parches de café (20,11±6,3%), à l’engrais NPK (15,53±
4,7 %) que le compost (8,31 ± 2,1 %). Sa sévérité a été aussi plus élevée chez les traitements : témoin (18,35 ± 3,5 %), à parches de café (16,22 ± 5,6 %), à
l’engrais NPK (10,35 ± 4,7 %) que le compost (5,15 ± 2,3%). L’helminthosporiose a été observée durant toute la période de collecte de données sur le terrain (4SAS
à 16 SAS). A 16 SAS, l’incidence de cette maladie a été plus élevée chez le témoin (8,27 ± 1,4 %), le traitement à parches de café (7,52 ± 1,3 %), le traitement à
l’engrais NPK (6,93 ± 1,3 %) que le traitement au compost (4,11 ± 1,2) %. A la même période d’observation (16SAS), la sévérité de l’helminthosporiose était
statistiquement identique chez les traitements témoin, à parches de café et à l’engrais NPK avec des valeurs respectives de 8,02 ± 0,4 % ; 8,55 ± 2,5 % ; 8,94 ± 2,6
%. Ces trois valeurs diffèrent significativement de la valeur de sévérité observée chez le traitement à base de compost soit 4,48 ± 1,2 %.
Le flétrissement bactérien quat à lui, à 16 SAS, a été plus fréquent chez les traitements témoin (5,78 ± 2,3 %), à parches de café (6,75 ± 2,3 %) et à l’engrais NPK
(6,56 ± 2,3 %) que le traitement à compost (1,32±0,3 %). De même la sévérité a été plus élevée chez les traitements témoin (2,55 ± 1,02 %), à l’engrais NPK (2,78
± 1,06 %) et à parches de café (1,83 ± 0,6 %) que chez le traitement à base de compost (0,89 ± 0,04 %). L’effet variétal a été évalué et a montré des différences
significatives entre les variétés. Les résultats enregistrés ont montré que, le charbon d’épis a été identifié uniquement chez la variété locale (V1) avec un taux
d’incidence de 1,92 ±0,9 % et de sévérité de 10,71±2,2 % à la fin de l’expérimentation (16SAS). Pour la Fusariose d’épis, elle a été plus fréquente chez V1 (15,15±
2,3 %) que les variétés améliorées CMS 8501 ou V2 (10,31±3,3 %) et CMS 8704 ou V3 (10,47±2,1%). Mais la sévérité a été sensiblement égale chez les différentes
variétés. Le flétrissement bactérien a présenté une incidence élevée chez V1 (2,81±0,9 %) que chez V2 (2,05±1,73 %) et V3 (2,1±1,82 %). Sa sévérité a été plutôt
plus élevée chez V3 (1,78 ± 0,09 %) et V1 (1,55 ± 0,09 %) que chez V2 (0,89±0,03 %). Conclusion : considérant les résultats obtenus en termes des potentialités
phytosanitaires du compost sur la protection des plantes de maïs contre les maladies parasitaires, l’on peut conclure que le compost pourrait constituer un ingrédient
important de lutte biologique contre ces maladies des plantes.
Mots clés: Compost de déchets ménagers, maladies parasitaires, fumier naturel à parches de café, incidence des maladies, sévérité des maladies.
ABSTRACT
Background: Intensive or inappropriate farming practices reduce soil fertility due to the loss of stable organic matter and the export of nutrients. This situation leads
to increased susceptibility of plants to diseases due to microbiological soil imbalances. Recent concerns about the adverse effects of the increasing use of synthetic
fertilizers on the environment, their inefficiency in soil fertility and their high prices have made urgent the search for an alternative solution to minimize the risks of
contamination of food and natural resources by synthetic chemical residues and also to improve soil fertility. In addition to their fertilizing role, it has become necessary
to explore the phytosanitary virtues of organic manure compost from household and coffee grounds. Objectives: The study was conducted in the Center region of
Cameroon with bimodal rainfall, in view to evaluat the varietal effect and types of manure on some parasitic diseases of maize cultivation. Method: The experiment
was conducted in the Megana site of Akonolinga according to a split-plot factorial device randomized to 4 blocks with main plot varieties (V1: local variety, V2: improved
variety CMS 8501, V3: improved variety CMS 8704) and sub-plots fertilizer treatments (T0: unfertilized control, T1: natural manure with coffee grounds, T2: compost
of household waste, T3: mineral fertilizer NPK = 20-10-10). Each block is the combination of three varieties and four treatments, 12 combinations. Each experimental
unit consisted of 3 lines with 7 seed holes per line. Results: Statistical analyzes showed that the incidence and severity of fungal and bacterial diseases of maize are
significantly influenced by manure types. Of these diseases, the coal cob was identified only in the compost treatment with an incidence rate of 0.92 ± 0.2% and a
severity of 10.06±2.01% at the end of the experiment (16 weeks after sowing (16 WAS)). At 16 WAS Fusarium cob, it was more frequent in treatments: control
(22.31±73%), coffee grounds (20.11±6.3%), NPK fertilizer (15.53±4.7%) than compost (8.31±2.1%). Its severity was also higher in the treatments: control (18.35±
3.5%), coffee grounds (16.22 ± 5.6%), NPK fertilizer (10.35±4, 7%) than compost (5.15±2.3%). the corn leaf blight (Helminthosporum maydis) was observed
throughout field data collection period (4 WAS to 16 WAS). At 16 SAS, the incidence of this disease was higher in the control (8.27 ± 1.4%), the treatment based of
coffee grounds (7.52±1.3%), and the treatment with NPK fertilizer (6.93 ± 1.3%) than compost treatment (4.11±1.2) %. During the same observation period (16
WAS), the severity of helminthosporiosis was statistically identical in the control, grounds coffee based and NPK fertilizer treatments with values of 8.02 ± 0.4%; 8.55
± 2.5%; 8.94 ± 2.6% respectively. These three values differ significantly from the severity value observed in the compost-based treatment, that is, 4.48 ± 1.2%.
The bacterial wilt on the other hand, at 16 16 WAS, was more frequent in control treatments (5.78±2.3%), coffee grounds (6.75 ± 2.3%) and NPK fertilizer (6.56 ±
2.3%) than the compost treatment (1.32 ± 0.3%). Similarly, the severity was higher in control treatments (2.55±1.02%), NPK fertilizer (2.78±1.06%) and coffee
grounds (1.83 ± 0). 6%) than in the compost-based treatment (0.89 ± 0.04%). The varietal effect was evaluated and showed significant differences between the
varieties. Results recorded showed that the coal cob was identified only in the local variety (V1) with an incidence rate of 1.92±0.9% and severity of 10.71 ± 2.2% at
the end of the experiment (16SAS). For Fusarium cob, it was more common in V1 (15.15±2.3%) than the improved varieties 8501 or V2 CMS (10.31±3.3%) and CMS
8704 or V3 (10.47±2.1%). But the severity was substantially equal among the different varieties. Bacterial wilt showed a high incidence in V1 (2.81 ± 0.9%) than in
V2 (2.05±1.73%) and V3 (2.1±1.82%). Its severity was rather higher in V3 (1.78±0.09%) and V1 (1.55±0.09%) than in V2 (0.89±0.03%). Conclusion: Considering
the results obtained in terms of the phytosanitary potential of compost for the protection of maize plants against parasitic diseases, it can be concluded that compost
could be an important ingredient in the biological control of these plant diseases.
Key words: Household waste compost, parasitic diseases, natural manure based of coffee grounds, incidence of diseases, severity of disease.